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Les Misérables, by Victor Hugo

spacestationtrustfund's review against another edition

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5.0

Du reste, ce sceptique avait un fanatisme. Ce fanatisme n'était ni une idée, ni un dogme, ni un art, ni une science ; c'était un homme, Enjolras. Grantaire admirait, aimait et vénérait Enjolras. À qui se ralliait ce douteur anarchique dans cette phalange d'esprits absolus ? Au plus absolu. De quelle façon Enjolras le subjuguait-il ? Par les idées ? Non. Par le caractère. Phénomène souvent observé. Un sceptique qui adhère à un croyant, cela est simple comme la loi des couleurs complémentaires. Ce qui nous manque nous attire. Personne n'aime le jour comme l'aveugle. La naine adore le tambour-major. Le crapaud a toujours les yeux au ciel ; pourquoi ? pour voir voler l'oiseau. Grantaire, en qui rampait le doute, aimait à voir dans Enjolras la foi planer. Il avait besoin d'Enjolras. Sans qu'il s'en rendît clairement compte et sans qu'il songeât à se l'expliquer à lui-même, cette nature chaste, saine, ferme, droite, dure, candide, le charmait. Il admirait, d'instinct, son contraire. Ses idées molles, fléchissantes, disloquées, malades, difformes, se rattachaient Enjolras comme à une épine dorsale. Son rachis moral s'appuyait à cette fermeté. Grantaire, près d'Enjolras, redevenait quelqu'un. Il était lui-même d'ailleurs composé de deux éléments en apparence incompatibles. Il était ironique et cordial. Son indifférence aimait. Son esprit se passait de croyance et son cœur ne pouvait se passer d'amitié. Contradiction profonde ; car une affection est une conviction. Sa nature était ainsi. Il y a des hommes qui semblent nés pour être le verso, l'envers, le revers. Ils sont Pollux, Patrocle, Nisus, Eudamidas, Éphestion, Pechméja. Ils ne vivent qu'à la condition d'être adossés à un autre ; leur nom est une suite, et ne s'écrit que précédé de la conjonction et ; leur existence ne leur est pas propre ; elle est l'autre côté d'une destinée qui n'est pas la leur. Grantaire était un de ces hommes. Il était l'envers d'Enjolras.

CHUIS FERAL

spacestationtrustfund's review against another edition

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4.0

Aimer ou avoir aimé, c'est assez. Ne demandez plus rien. Il n'y a pas d'autre perle dans les plis sombres de la vie.
Comment puis-je décrire ce livre ? Il a transformé ma vie. Pour la santé ne veuillez pas lire en traduction. Plus ici.

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5.0

Faut-il continuer de lever les yeux vers le ciel ? le point lumineux qu’on y distingue est-il de ceux qui s'éteignent ? L’idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu’une étoile dans les gueules des nuages.
Comment puis-je décrire ce livre ? Il a transformé ma vie. Pour la santé ne veuillez pas lire en traduction.

La première fois que j'ai lu ce roman était pour le lycée, si je me souviens bien, quand je n'avais que 14 ans. Bien sûr, j'avais déjà entendu parler du roman ; j'avais même lu des poèmes de Victor Hugo et autres, parce que je ne pense pas qu'il soit permis d'être français, si on ne lit pas Victor Hugo, à un moment de la jeunesse. Mais de toute façon, je connaissais déjà l'histoire. En fait, la première fois que j'ai lu une partie du roman, c'était dans un recueil d'histoires célèbres. J'ai lu un extrait très abrégé des chapitres où Jean Valjean vole l'argent à l'évêque. Et donc, quand j'ai lu le roman pour la première fois, j'ai pensé qu'Hugo avait plagié le livre de contes !

L'histoire écrite dans ce roman a complètement et complètement transformé ma vie. Il n'y aura jamais de mots pour exprimer à quel point ce livre a eu un impact sur ma vie et mes expériences. S'il y a un livre que chaque personne devrait lire à un moment donné de la vie, ce serait celui-ci : le roman couvre tous les aspects possibles de la société humaine, de l'injustice du système carcéral aux mauvais traitements infligés aux incarcérés (comme l'a dit Dostoïevski, la qualité de l'avancement d'une société peut être jugée en entrant dans ses prisons); à les conditions horribles dans lesquelles les mères célibataires doivent endurer, y compris le recours souvent nécessaire à la prostitution ou, comme dans le cas de Fantine, vendre littéralement des morceaux de soi (cheveux, dents) pour survivre et subvenir aux besoins de son enfant ; à l'extrême pauvreté vécue par une majorité de la classe ouvrière ; à le manque de pensions ou de fonds de retraite pour les personnes âgées ; à les résultats d'une mauvaise éducation, ou pas d'éducation entièrement ; à le viol et la culture du viol ; à la misogynie rampante dans toutes les facettes de la société ; à l'injustice perpétuée par le 1% contre la classe ouvrière, et la nécessité pour le peuple de se soulever pour protester contre cette exploitation ; à la brutalité policière ; à la corruption policière; à la mauvaise gestion par la police d'informations sensibles.

Tout dans ce roman est pertinent et important. Comme l'homme Hugo lui-même nous a dit dans la préface :
Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l’enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.

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5.0

On se battait corps à corps, pied à pied, à coups de pistolet, à coups de sabre, à coups de poing, de loin, de près, d'en haut, d'en bas, de partout, des toits de la maison, des fenêtres du cabaret, des soupiraux des caves où quelques-uns s'étaient glissés. Ils étaient un contre soixante. La façade de Corinthe, à demi démolie, était hideuse. La fenêtre, tatouée de mitraille, avait perdu vitres et châssis et n'était plus qu'un trou informe, tumultueusement bouché avec des pavés. Bossuet fut tué ; Feuilly fut tué ; Courfeyrac fut tué ; Joly fut tué ; Combeferre, traversé de trois coups de bayonnette dans la poitrine au moment où il relevait un soldat blessé, n'eut que le temps de regarder le ciel, et expira.

CHUIS FERAL 2e

spacestationtrustfund's review against another edition

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2.0

Absolutely baffling decisions by Julie Rose!

From here:
The text has been aggressively modernized [...]. It has been characterized as slangy, wild, and not closely following the original. However, unlike the Fahnestock and MacAfee edition, it contains a lot of additional background information.
That's pretty much the extent of what can be said about the Rose edition: weird, weird decisions regarding translation, syntax, structure, and essentially every aspect, but the introduction and annotations are excellent. Unfortunately, Rose isn't even to blame for the notes, since those were primarily done by James Madden.

There are several better English translations of Les Misérables; don't bother with this one.

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1.0

DENNY WHY.

Okay so here's the thing, straight from the horse's mouth:
There are passages of mediocrity and banality in Les Miserables, as in all [Hugo's] work, which may cause the reader to lose all patience with him and put the book aside [...]. The translator can, I maintain, do something to remedy these defects… He can 'edit'—that is to say abridge, tone down rhetoric, even delete.
Anyway, Denny goes ahead and does that, namely by removing over 100 pages' worth of the text, including moving an entire section (the digression concerning "Argot") to an appendix, replacing one of Hugo's original poems with a much shorter version penned by Denny himself, and taking it upon himself to "improve upon" the original in all sorts of frustrating and misleading ways. If you want to read Norman Denny's opinion of what Les Misérables should be, then full fucking steam ahead!—but if you want to read Les Misérables, skip this edition.

I'm not even convinced that Denny LIKED Les Misérables, or Hugo at all, or even the act of translating. This thread claims that Denny's version:
[...] carries much of the poetry and force of the original. However, since it is not always a word-for-word translation, at times a bit of accuracy is sacrificed. Denny does mention in his introduction that a good translator should be more concerned with the *intent* and *spirit* of the author, and a translation that is too literal (i.e., a word-for-word rendering) is often not the best way to achieve that.
which I obviously think is a load of bullshit, coming from Denny, even if I agree with the concept in principle. Regardless of whether that's indeed something with which a "good translator" should be concerned, Denny is not a good translator by pretty much any metric. Fuck this guy. Don't read this shit.

spacestationtrustfund's review against another edition

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1.0

Donougher stopppp it like for real stop

I just think it's incredibly difficult to translate this book without including appendices detailing the historical and linguistic and political contexts behind it. The one thing Christine Donougher gets right, in my opinion, is the annotations.

spacestationtrustfund's review against another edition

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1.0


Thanks for that footnote, Wilbour.

Here's something you should know about the Wilbour edition: it was written in about 6 months and published the same year as the original text.

As you can probably imagine, it didn't end well. Even the most experienced translator would find it an impossible task to accurately translate a nearly 1500-page novel (and, indeed, Wilbour's edition is abridged to only 400 pages) in under a year; I'd estimate a more reasonable timeframe would be closer to 3-5 years depending on the style of writing and the overall difficulty of translating (i.e., how many culturally specific references, do the characters use a lot of slang, etc.).

Charles E. Wilbour, in all his rushed wisdom, used an antiquated style of English and allegedly tried to capture the feeling of the original by retaining French word order—as well as the occasional French word or sentence which he didn't bother to translate whatsoever. This would probably be appealing if your goal is to fetishise French culture; otherwise, it's clunky, dated, and jarring. Absolutely none of the context behind the original novel is present. The politics translate poorly. None of the puns make sense, which is the worst offense. Oh, and it's heavily abridged, with over 1000 pages knocked off. Wilbour also rearranged several of the "digressions" for reasons unknown, so the structure isn't even true to the original.

If you're looking to read Les Misérables, don't get the Wilbour edition. If you're looking to study translation, or Wilbour himself, then you could probably stand to have this in your collection.

sukhmanatwal's review against another edition

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dark emotional sad tense slow-paced

5.0

nataliepeterman's review against another edition

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challenging emotional inspiring sad slow-paced
  • Plot- or character-driven? A mix
  • Strong character development? It's complicated
  • Loveable characters? Yes
  • Diverse cast of characters? No
  • Flaws of characters a main focus? Yes

4.25