A review by lessidisa
Chroniques martiennes by Ray Bradbury

4.25

J'ai beaucoup aimé la manière dont le début du livre est fait : on découvre Mars petit à petit par itérations, c'est très mystérieux, on veut vite lire la suite pour en apprendre davantage. À la fin du livre je n'ai pas de vision complète et compréhensible de la Mars de Ray Bradburry, tous les secrets de cette histoire ne sont pas dévoilés et c'est très bien comme ça. L'épisode de Fahrenheit 451 est mentionné dans ce livre. Je pense que j'ai d'autres livres à lire de cet auteur dans cette vie.

Comment réagiriez-vous si vous étiez martiens et que des étrangers débarquent dans votre pays et commencent à le mettre en pièces ?
- Je sais très bien comment je réagirais, dit Cheroke. J'ai du sang cherokee dans les veines. Mon grand-père m'a raconté des tas de choses sur l'Oklahoma et le territoire indien. S'il y a un Martien dans le coin, je suis à fond pour lui.

Il y avait dans l'air comme une odeur de Temps. Il sourit et retourna cette drôle d'idée dans sa tête. Il y avait là quelque chose à creuser. À quoi pouvait bien ressembler l'odeur du Temps ? À celle de la poussière, des horloges et des gens. Et si on se demandait quelle sorte de bruit faisait le Temps, ce ne pouvait qu'être celui de l'eau ruisselant dans une grotte obscure, des pleurs, de la terre tombant sur des couvercles de boîtes aux échos caverneux, de la pluie. Et en allant plus loin, quel aspect présentait le temps ? Le temps était de la neige en train de tomber silencieusement dans une pièce plongée dans le noir, ou un film muet dans un cinéma d'autrefois, des milliards de visages dégringolant comme ces ballons du Nouvel An, sombrant, s'abîmant dans le néant. Tels étaient l'odeur, le bruit, et l'aspect du Temps. Et ce soir - Tomas plongea une main dans le vent à l'extérieur de la camionnette -, ce soir, on pouvait presque toucher le Temps. 

On s'est mis à censurer les dessins humoristiques, puis les romans policiers, et naturellement, les films, d'une façon ou d'une autre, sous la pression de tel ou tel groupe, au nom de telle orientation politique, tels préjugés religieux, telles revendications particulières ; il y avait toujours une minorité qui redoutait quelque chose, et une grande majorité ayant peur du noir, peur du futur, peur du passé, peur du présent, peur d'elle même et de son ombre.