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A review by lessidisa
L'enfant de la rizière rouge by Sor Sisavang
5.0
Mon premier livre cambodgien. C'est apparemment une non-fiction, qui m'évoque un mélange entre le mode de vie vietnamien et la révolution culturelle chinoise. Comme il y a zéro information sur l'auteur sur internet - pas une interview, pas une photo, rien de rien, juste son nom - parfois je me demandais si cette folie était vraiment des mémoires, où une fiction historique. Je ne saurai jamais si Sor Sisavang est une véritable personne mais il semblerait en tout cas que tout ce qui est raconté est véridique.
Je n'avais jamais entendu parler de ce qui s'était passé là-bas, en 1975. Les Khmers rouges ont pris le pouvoir au nom du communisme et ont été catastrophiques. L'auteur avait environ dix ans à ce moment et on le suit dans cette descente aux enfers collective. Quand on lit ce livre on voit qu'énormément de personnes meurent autour du personnage, que ce soit famille ou inconnus sur son chemin. Ils meurent tués par les Khmers rouges, de maladie ou d'épuisement et de faim. Wikipédia parle de cet évènement en tant que génocide et estime que sur les trois années de règne des Khmers rouges, vingt pour cent de la population cambodgienne a trouvé la mort. En lisant le livre ça se voit. Le dirigeant de ce régime dictatorial était Pol Pot, nom que j'avais déjà entendu dans ma vie.
Une fois qu'on a lu les deux-tiers du livre, les Khmers rouges se font dégager par les vietnamiens, en 1979. Notre personnage est traumatisé par son pays et part se réfugier, comme d'autres, en Thaïlande, pour recommencer une vie meilleure. On se dit qu'ils vont pouvoir reprendre une activité normale ; Pas du tout ! Ils trouvent là-bas la même chose que ce qu'ils viennent de quitter 🤡
Je n'avais jamais entendu parler de ce qui s'était passé là-bas, en 1975. Les Khmers rouges ont pris le pouvoir au nom du communisme et ont été catastrophiques. L'auteur avait environ dix ans à ce moment et on le suit dans cette descente aux enfers collective. Quand on lit ce livre on voit qu'énormément de personnes meurent autour du personnage, que ce soit famille ou inconnus sur son chemin. Ils meurent tués par les Khmers rouges, de maladie ou d'épuisement et de faim. Wikipédia parle de cet évènement en tant que génocide et estime que sur les trois années de règne des Khmers rouges, vingt pour cent de la population cambodgienne a trouvé la mort. En lisant le livre ça se voit. Le dirigeant de ce régime dictatorial était Pol Pot, nom que j'avais déjà entendu dans ma vie.
Une fois qu'on a lu les deux-tiers du livre, les Khmers rouges se font dégager par les vietnamiens, en 1979. Notre personnage est traumatisé par son pays et part se réfugier, comme d'autres, en Thaïlande, pour recommencer une vie meilleure. On se dit qu'ils vont pouvoir reprendre une activité normale ; Pas du tout ! Ils trouvent là-bas la même chose que ce qu'ils viennent de quitter 🤡
Tout le monde se mit à bâiller. Quelle heure était-il ? Vraiment, ils voulaient nous tuer ! La question revenait sans arrêt mais les soldats ne nous autorisaient toujours pas à nous arrêter. De temps en temps, quelques-un avaient une syncope et s'écroulaient par terre. Les soldats se jetaient sur eux, les giflaient, leur tiraient les cheveux et les pinçaient mais c'était trop tard : ils étaient morts sur place.
- Voilà les vrais amis du gouvernement, criaient alors les gardes. Ceux-là acceptent de donner leur vie pour le travail collectif !
Quelques heures avant le crépuscules, il me demanda de lui apporter le Larousse médical. Après avoir lu une page qui parlait de malnutrition, il nous dit en souriant :
- Je ne vivrai pas jusqu'à demain matin. Si le Cambodge retrouve sa liberté, tu emmèneras tes frères et tes sœurs vers la liberté. Sois le gardien de l'amour fraternel et que la famille soit toujours unie comme une bague d'or, car c'est l'union qui fait la force.
Malheureusement, toutes les tombes se ressemblaient et je fus incapable de reconnaître où était mon frère. Un peu déçu, je me sentis coupable et je me fis des reproches : « Tu aurais pu repérer l'endroit où il a été enterré ! » Oui, c'est vrai, mais ce jour-là j'avais tellement faim que je n'avais pensé à rien d'autre qu'à du riz.
Je sortis ensuite dehors pour chercher un endroit où enterrer Xiaohoa. Mais pourquoi prendre la peine de creuser une tombe ? J'aurais pu faire comme les Khmers rouges et le jeter dans la fosse commune. Non, jamais je n'aurais pu faire cela ! De plus, j'étais libre maintenant et je pouvais agir selon ma conscience. Cette dernière pensée me remplit tout d'un coup d'une force extraordinaire : la force d'un homme libre !