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kikuhiko 's review for:
La Bête humaine
by Émile Zola
Dans La Bête humaine, Zola nous offre un protagoniste digne des psychopathes les plus peaufinés de nos thrillers modernes, au mental tordu et à la vie à cheval entre totale discrétion et pure anormalité. C'est un roman très dur, cru et qui n'épargne sans doute pas les âmes sensibles, qui parle d'amour, de sexe dénaturé, de suicide, de meurtre, de corruption de l'âme, de mort.
Un roman qui fait pourtant du bien, tant Zola nous fait plonger dans les abysses de l'esprit humain, les tréfonds des sentiments et l'inexplicable relation étriquée entre le cœur et le corps, pour mieux nous prouver à quel point l'homme court de lui-même à sa propre perte, par vénalité ou avarice.
C'est sans doute un des meilleurs exemples du genre naturaliste, la narration se faisant tout en objectivité, dans l'ombre des personnages au travers desquels on vit l'aventure tout du long. Tantôt dans la peau souillée de Jacques, le corps déréglé de Séverine ou bien l'esprit jalousement déréglé de Roubaud, la narration nous mène d'un défaut humain à l'autre, au grès de la plume toujours si plaisante de l'auteur qui restera sans doute à jamais un de mes préférés.
Et bien sûr, on ne peut parler de La Bête humaine sans évoquer l'incroyable scène finale où Zola se laisse aller à une touche en dehors de son réalisme habituel, avec la machine lancée à toute vitesse, soldats à bord, en route pour la guerre sans mécanicien ni chauffeur. Une faucheuse en métal chargée de sa chair à canon.