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A review by coraliebru
Terrasses ou Notre baiser si longtemps retardé by Laurent Gaudé
3.0
Déçue de ma réaction à ce texte aux meilleures intentions.
Je l'ai vu au théâtre jeudi, et je n'ai pas cessé de trouver des dissonances et des maladresses, qui m'ont écartée un peu de ses passages les plus beaux ou intéressants. Mitigée, donc.
Je me suis demandé s'il fallait, si c'était bien nécessaire, ou s'il aurait fallu s'y prendre autrement.
Ou alors aurais-je dû le lire sans aller au théâtre, qui ajoute, par nature, de l'artificiel, ne serait-ce que parce que les comédien.nes doivent projeter le texte, soulignant ce que j'y ai trouvé de plus artificiel ou convenu ? Je ne sais pas.
J'ai été émue par certains passages, évidemment. Surtout les parents qui s'inquiètent pour leurs enfants, ou les jeunes secours arrivés sur place trop jeunes. J'y ai retrouvé ma façon de découvrir ce qui se passait, en arrivant au bout de la rue Alibert juste après, le visage du policier qui nous bloquait la route pour rentrer chez nous. Ce visage est celui de cette soirée confuse pour moi, et j'ai trouvé ce récit très juste. J'ai aussi aimé l'hommage à la fête qui continuait. Je me suis rappelé mon retour chez moi à deux pas, apprenant qu'un des groupes préférés de ma soeur, que je savais à un concert ce soir-là, passait au Bataclan. J'ai revécu un peu de cette inquiétude invivable de plusieurs heures, évidemment.
Mais je n'ai pas su quoi faire d'autres moments (par exemple cette idée que tenir la main d'une victime ferait d'elle la personne la plus importante dans la vie de l'inconnu qui tient sa main..ça m'a gênée, profondément. Comme les gens reviennent d'une semaine d'un pays pauvre avec des belles leçons sur à quel point leur vie est confortable? Me suis-je vue comme ce personnage, essayer de tirer quelque chose pour ma vie du drame traversé par d'autres ? Est-ce que c'est dans cette position que nous met ce texte trop souvent ? Je ne sais pas. ) J'en suis venue à questionner, pendant la pièce même et juste après, si la fiction était capable de ça, ou si tôt.
Le fait qu'il ait plus touché d'autres personnes me donne tort et tant mieux. Je suis certaine que Laurent Gaudé l'a écrit avec beaucoup d'humanité et de précision, je ne remets pas du tout en cause ce travail et je ne déconseille à personne de le lire s'il en ressent le besoin. Moi je reste circonspecte. J'aurais dû m'arrêter à V13, dans l'objectif d'approcher globalement cet événement.
Je l'ai vu au théâtre jeudi, et je n'ai pas cessé de trouver des dissonances et des maladresses, qui m'ont écartée un peu de ses passages les plus beaux ou intéressants. Mitigée, donc.
Je me suis demandé s'il fallait, si c'était bien nécessaire, ou s'il aurait fallu s'y prendre autrement.
Ou alors aurais-je dû le lire sans aller au théâtre, qui ajoute, par nature, de l'artificiel, ne serait-ce que parce que les comédien.nes doivent projeter le texte, soulignant ce que j'y ai trouvé de plus artificiel ou convenu ? Je ne sais pas.
J'ai été émue par certains passages, évidemment. Surtout les parents qui s'inquiètent pour leurs enfants, ou les jeunes secours arrivés sur place trop jeunes. J'y ai retrouvé ma façon de découvrir ce qui se passait, en arrivant au bout de la rue Alibert juste après, le visage du policier qui nous bloquait la route pour rentrer chez nous. Ce visage est celui de cette soirée confuse pour moi, et j'ai trouvé ce récit très juste. J'ai aussi aimé l'hommage à la fête qui continuait. Je me suis rappelé mon retour chez moi à deux pas, apprenant qu'un des groupes préférés de ma soeur, que je savais à un concert ce soir-là, passait au Bataclan. J'ai revécu un peu de cette inquiétude invivable de plusieurs heures, évidemment.
Mais je n'ai pas su quoi faire d'autres moments (par exemple cette idée que tenir la main d'une victime ferait d'elle la personne la plus importante dans la vie de l'inconnu qui tient sa main..ça m'a gênée, profondément. Comme les gens reviennent d'une semaine d'un pays pauvre avec des belles leçons sur à quel point leur vie est confortable? Me suis-je vue comme ce personnage, essayer de tirer quelque chose pour ma vie du drame traversé par d'autres ? Est-ce que c'est dans cette position que nous met ce texte trop souvent ? Je ne sais pas. ) J'en suis venue à questionner, pendant la pièce même et juste après, si la fiction était capable de ça, ou si tôt.
Le fait qu'il ait plus touché d'autres personnes me donne tort et tant mieux. Je suis certaine que Laurent Gaudé l'a écrit avec beaucoup d'humanité et de précision, je ne remets pas du tout en cause ce travail et je ne déconseille à personne de le lire s'il en ressent le besoin. Moi je reste circonspecte. J'aurais dû m'arrêter à V13, dans l'objectif d'approcher globalement cet événement.