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mevenaud 's review for:

Le Monde sans fin by Jean-Marc Jancovici, Christophe Blain
5.0

4,8⭐️

C’est un roman graphique dans le style des versions romans graphiques de Sapiens (Yuval Noah Harari) . C’est très bien fait et hyper dense en information, sans être trop rébarbatif.

Évidemment, le sujet est lourd et anxiogène: ça jase de crise climatique, de perte de biodiversité et de comment on en est arrivés là.

Les 5/6 du livre sont consacrés à nous exposer la situation et vers quoi on s’en va (i.e. nous faire paniquer solidement).

On comprend que la production d’énergie par personne n’a cessé de croître depuis le 19e siècle, grâce principalement aux énergies fossiles et qu’aujourd’hui, notre mode de vie dépend solidement de ce type d’énergie hyper concentrée. On donne l’image que c’est comme si chaque humain consommait environ l’énergie qui pourrait être déployée par 200 humains. Au Canada, c’est plutôt 1100 humains. Comme si 1100 esclaves travaillaient pour nous en permanence…!

On en apprend sur tous les types d’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz) et sur les autres (parfois qualifiées de renouvelables et considérées comme la panacée — à tord selon les auteurs). Comment elles sont produites, transportées, leur efficacité, leurs avantages et leurs inconvénients.

On parle aussi de l’économie (qui n’a (étrangement!) pas évolué depuis Jean-Baptiste Say (1767-1832), qui prétendait que les ressources naturelles sont inépuisables et infinies) qui ne mesure le succès qu’en terme de croissance.

On comprends beaucoup mieux l’impact qu’ont eu les énergies fossiles dans le monde du dernier siècle (elles ont augmenté notre niveau de confort drastiquement, ont rendu possible les études longues, les retraites, les soins de santé gratuits. l’étalement urbain, une grande liberté individuelle, etc.). Le tableau est dépeint de manière assez équilibré, personne n’est diabolisé. On explique aussi pourquoi l’humain est très mal équipés pour vouloir moins tant qu’il est possible d’avoir plus, peu importe les conséquences.

Ça parle finalement de solutions adaptées à chaque environnement. Par ex. en France, pour la production d’énergie, les auteurs sont solidement convaincus de l’avantage du nucléaire par rapport aux autres types d’énergie. Pour le transport, les auteurs avancent que le transport idéal serait la petite voiture électrique dans les campagnes, alors que dans les villes, ce serait une combinaison de marche, transport collectif et vélo électrique. On parle de l’importance de migrer vers davantage de collaboration et moins d’indépendance.

À lire!